L’allègement du contrôle judiciaire de Patrick Bruel suscite une vive indignation chez les plaignantes
La récente décision de justice autorisant Patrick Bruel à quitter le territoire français passe très mal auprès des plaignantes et de leurs conseils. Alors que l’artiste a de nouveau été aperçu à l’étranger cet été, plusieurs avocates dénoncent un signal dévastateur envoyé aux femmes ayant eu le courage de briser le silence.

La « légèreté de la justice » pointée du doigt
Interrogée au micro de RTL, Me Corinne Herrmann, qui représente notamment Flavie Flament ainsi que cinq autres plaignantes, n’a pas caché sa colère face à l’assouplissement des mesures imposées au chanteur. Pour le conseil des parties civiles, la restitution de son passeport à l’artiste relève d’une clémence incompréhensible.
« Le message qu’on leur envoie est inadmissible, il est incompréhensible », a déploré l’avocate. « Toutes ces femmes qui portent plainte pour des crimes, qui ont eu le courage de parler, qui ont eu le courage de libérer leur parole, ne comprennent pas cette légèreté de la justice. »
Décision attendue le 16 septembre à Versailles
Pour rappel, le juge d’instruction avait ordonné le 21 juillet dernier la mainlevée partielle du contrôle judiciaire de Patrick Bruel, lui permettant de voyager hors de France. Une mesure immédiatement contestée par le parquet de Nanterre, qui a fait appel de cette ordonnance.
Saisie du dossier, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles s’est réunie ce vendredi 14 août pour examiner le recours. Selon les informations de RTL, sa décision finale sera rendue le 16 septembre prochain.
Demande de saisine du pôle spécialisé dans les crimes sériels
L’affaire pourrait prendre une tournure judiciaire encore plus complexe dans les semaines à venir. Me Corinne Herrmann a annoncé la préparation de deux nouvelles plaintes et prévoit de demander la saisine du Pôle national des crimes sériels ou non élucidés (PCSNE), basé à Nanterre.
L’avocate estime en effet que la multiplication des témoignages impose une approche d’investigation spécialisée : « On a créé un pôle spécifiquement pour tout ce qui était les crimes en sérialité, c’est-à-dire les meurtres, les homicides, les enlèvements, mais aussi les viols », a-t-elle rappelé, avant de souligner que des accusations multiples ne peuvent s’examiner de la même manière qu’un fait isolé.
Contactés pour réagir à ces nouvelles déclarations et aux démarches de la partie civile, les avocats de Patrick Bruel n’ont pas souhaité donner suite. Le chanteur conteste fermement l’ensemble des accusations portées à son encontre et reste présumé innocent.