Lorsque Serge Lama a serré Marie-Paule Belle dans ses bras il y a neuf mois, il a immédiatement compris que ce moment ne se reproduirait plus.
Quelques jours avant la disparition de la chanteuse, un dernier appel téléphonique est venu confirmer ce pressentiment. Pourtant, le 3 août, lors de ses obsèques à Paris, le chanteur de 83 ans n’était pas présent. Une absence qu’il avait lui-même expliquée, tout en trouvant une autre manière de lui dire adieu

« Je l’ai regardée comme si c’était la dernière fois »
Le souvenir revient avec une précision bouleversante.
Dans un entretien accordé à Paris Match, Serge Lama raconte leur dernière rencontre, neuf mois avant le décès de Marie-Paule Belle.
Dès qu’il l’a retrouvée, il a compris.
« Ce jour-là, j’ai su que c’était pour la dernière fois. »
Il se souvient avoir voulu graver chaque détail de son visage.
« Je l’ai bien regardée, je l’ai mangée du regard parce que, mine de rien, on se happait. »
Les deux amis se sont longuement enlacés.
Sans vraiment le dire, ils savaient déjà que cette étreinte serait probablement leur dernière.
« On savait tous les deux qu’on ne se reverrait plus. »
Un dernier appel quelques jours avant son départ
Leur ultime conversation remonte à une dizaine de jours avant la disparition de Marie-Paule Belle, le 25 juillet, à l’âge de 80 ans, des suites d’une longue maladie.
Serge Lama se souvient d’une voix étonnamment calme.
« Je l’ai eue au téléphone il y a dix jours, sa voix était bonne. »
Mais très vite, son amie lui confie qu’elle souhaite désormais rester chez elle.
« Elle m’avait dit qu’elle n’avait plus envie de voir qui que ce soit. Elle était bien chez elle, dans sa petite chambre. »
À cet instant, le chanteur comprend que le temps leur échappe.
« J’avais compris que les choses iraient vite… »
Une amitié née il y a plus de cinquante ans
Serge Lama et Marie-Paule Belle se connaissaient depuis le début des années 1970.
Au fil des décennies, leur relation avait largement dépassé le simple cadre professionnel.
Ils partageaient une profonde admiration réciproque, de nombreux souvenirs de scène et une fidélité qui n’a jamais faibli malgré les années.
Même lorsque la maladie s’est installée, Serge Lama n’a jamais cessé de suivre le combat de son amie.
Il avait d’ailleurs salué son immense courage lorsqu’elle était remontée sur scène en mai, malgré la fatigue provoquée par la maladie.
Pourquoi Serge Lama n’était pas présent aux obsèques
Le 3 août, famille, proches et nombreux artistes se sont réunis à l’église Saint-Roch, à Paris, pour rendre un dernier hommage à Marie-Paule Belle.
Liane Foly, Dominique Besnehard, Boris Bergman ou encore Frédéric Zeitoun étaient présents.
L’absence de Serge Lama a immédiatement été remarquée.
Pourtant, quelques jours plus tôt, il avait expliqué avec beaucoup de sincérité pourquoi il ne ferait pas le déplacement.
« Je ne peux pas me déplacer et j’ai eu mon compte d’obsèques de gens que j’aimais… »
Puis il avait ajouté ces mots empreints d’affection :
« On n’a pas besoin de ça, Marie-Paule et moi, pour savoir qu’on s’aimait. Elle sait que je suis là où elle est. Elle sait tout. »
Un dernier hommage sans être présent
Même absent physiquement, Serge Lama tenait à accompagner son amie une dernière fois.
Il a fait parvenir un bouquet de fleurs blanches, déposé directement au-dessus du cercueil.
Un geste discret, mais chargé de sens, qui a profondément ému les personnes présentes.
Comme si, jusqu’au bout, leur amitié n’avait pas eu besoin de mots.
« Je la retrouverai »
Au terme de son témoignage, Serge Lama a confié garder une conviction qui l’aide à traverser cette nouvelle épreuve.
« Je la retrouverai, car elle était convaincue, comme moi, qu’il y a quelque chose après la vie. »
Après plus d’un demi-siècle d’amitié, ces quelques mots résonnent comme une promesse.
Celle que, malgré l’absence, certains liens ne disparaissent jamais vraiment.

