« On a vécu un vrai traumatisme » : Face aux incendies, Pascal Obispo se mobilise et met sa propriété à disposition de la gendarmerie
Très attaché à la Gironde et à la presqu’île du Cap-Ferret, Pascal Obispo s’implique activement pour soutenir les habitants touchés par les incendies. Le chanteur est allé jusqu’à mettre sa résidence à disposition des forces de l’ordre pour leur servir de poste d’appui. Il livre son témoignage.

Une grande soirée de solidarité en préparation
Deux figures locales lient leurs efforts et leur réseau pour soutenir la population. Profondément marqués par les récents feux de forêt ravageurs en Gironde, Pascal Obispo et Julien Courbet organisent un grand concert caritatif au profit des victimes et de la Fondation de France. L’événement se tiendra le 27 août à l’Arkéa Arena de Floirac, devant près de 10 000 personnes, avec une pléiade d’artistes à l’affiche et une retransmission prévue sur M6 et RTL.
L’angoisse de l’évacuation
Havre de paix pour l’artiste, sa propriété du Cap-Ferret — acquise dans les années 2000 et dotée de son propre studio de musique — est désormais sa résidence principale. C’est donc avec une immense émotion qu’il a assisté à la progression des flammes.
Dans une interview accordée au Parisien, le chanteur de 61 ans est revenu sur ces moments effrayants : « Tout cela nous a profondément marqués. Devoir tout quitter en urgence à 4 h 30 du matin, rassembler à la hâte quelques souvenirs sans savoir si sa maison sera encore là le lendemain… c’est une expérience particulièrement marquante. » Il conclut toutefois avec soulagement : « Heureusement, en ce qui nous concerne, le pire a pu être évité. »
Un élan citoyen. Les sapeurs-pompiers de Gironde ont reçu 400 candidatures de pompiers volontaires depuis le 22 juillet, date du début de l’incendie de Saumos, à l’ouest de Bordeaux, qui a brûlé 42 000 hectares, soit une superficie correspondant à quatre fois celle de Paris.
En temps normal, sur une période si courte, pas plus d’une centaine de candidatures arrivent à la SDIS 33, a indiqué le colonel Brunner à France Bleu ce lundi 10 août. Les images du mégafeu et l’urgence de la situation ont poussé de nombreuses personnes à s’engager pour se sentir plus utile la prochaine fois.
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« On avait déjà remarqué cette hausse des candidatures au moment des feux de 2022. Là, elle se traduit de manière nettement plus significative », constate le colonel Brunner, alors que l’immense incendie qui a fait rage en Gironde est désormais considéré comme « maîtrisé » par les autorités, et reste sous surveillance étroite.
Cet incendie a détruit 240 maisons et contraint à l’évacuation de plus de 220 000 personnes. Plusieurs habitants de la région ont désormais envie de se rendre utiles auprès des pompiers. C’est le cas de Méloé Sehmoun, 23 ans, qui a déposé sa candidature. Elle a expliqué à France info : « Ça m’a poussé à vouloir m’engager. Et si un jour, ça doit se repasser, au moins que je sois là, que je sois au front pour aider et me sentir utile ».
80 % des pompiers sont volontaires
En France, les sapeurs-pompiers volontaires représentent 80 % des effectifs, selon le ministère de l’Intérieur. Ainsi, plus de 200 000 citoyens se sont engagés dans cette mission. Elle est ouverte aux hommes comme aux femmes, âgées entre 16 à 67 ans. Il faut également disposer d’un casier judiciaire vierge.
Pour candidater, il faut déposer un dossier auprès de la SDIS la plus proche de chez vous. Ensuite, un entretien et un test physique seront nécessaires. Puis une formation. Le pompier volontaire s’engage ensuite pour cinq ans. Il pourra être appelé sur différentes missions, pas uniquement sur des feux, en fonction de son propre métier et de sa disponibilité.
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Le secrétaire général du Syndicat des sapeurs-pompiers volontaires, Bruno Ménard, constate que les volontaires sont souvent motivés par le fait de se sentir utile et de « donner du sens à leur vie, surtout des jeunes ».
Des vocations en Gironde, mais aussi ailleurs
La Gironde n’est pas le seul département à connaître un sursaut de vocations. La SDIS de l’Indre constate aussi « un engouement citoyen après les feux d’espaces naturels », a-t-elle indiqué à l’AFP, précisant avoir reçu une trentaine de dossiers, ce qui est trois à quatre fois plus que d’habitude à cette saison. « C’est une belle réaction citoyenne », similaire à celle qu’avait connue le pays « après les attentats de 2015 », observe Guillaume Bouquet, chef de corps adjoint du SDIS de l’Indre.*
De son côté, le Syndicat des sapeurs-pompiers volontaires a lancé un appel la semaine dernière pour identifier « les personnes qui ont des compétences qui pourraient aider » lors des incendies. Il a recueilli « plus de 10 000 propositions d’aide » en l’espace de 72 heures, s’est réjoui Bruno Ménard, secrétaire général de l’organisation.
Cet engouement pour devenir pompier volontaire est néanmoins inégal sur le territoire. Le SDIS du Doubs a ainsi enregistré en juillet une nette augmentation des demandes pour être volontaire à Besançon, qui n’a pas de problèmes de recrutement, alors que la demande est « plus mitigée » dans les autres casernes plus rurales de sa zone. D’autres départements, le Loiret, les Côtes-d’Armor, la Marne ou encore l’Aisne, n’ont « pas noté plus de demandes cet été ».