Malgré sa mise en examen pour viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel, le chanteur de 67 ans a décidé de maintenir sa tournée de trente-cinq dates dans toute la France. Il doit se produire au Zénith de Montpellier en octobre.
“Du côté des femmes”

Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, le maire de Montpellier Michaël Delafosse s’oppose à la venue de Patrick Bruel au Zénith en octobre prochain. Malgré sa mise en examen pour viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel, le chanteur de 67 ans a décidé de ne pas annuler sa tournée célébrant les 35 ans de la sortie de son album “Alors regarde”. Une trentaine de plaintes ont été déposées contre lui.
“S’il appartient à la justice, dans le respect des droits de la défense, de déterminer les suites des plaintes déposées à l’encontre de Patrick Bruel, les paroles des femmes qui ont déposé plainte doivent être entendues, écrit Michaël Delafosse. Elles relatent un comportement de prédateur sexuel, faisant de lui un véritable docteur Jekyll et mister Hyde. Je le dis clairement : il n’est pas le bienvenu à Montpellier ; nous sommes du côté des femmes qui courageusement prennent la parole.”
L’artiste, visé par plusieurs enquêtes pour viol et agression sexuelle, doit se produire à Montpellier (Hérault) en concert au Zénith le 29 octobre prochain, mais le maire PS Michaël Delafosse et son premier adjoint chargé de la sécurité y sont opposés. La municipalité met en avant la sécurité et la morale pour justifier sa position.
Une tournée qui a du plomb dans l’aile. Visé par plusieurs enquêtes pour viol et agression sexuelle, Patrick Bruel, qui doit débuter en octobre une tournée comprenant une trentaine de dates en France, voit de nombreuses municipalités s’opposer à sa venue.
C’est notamment le cas de Montpellier (Hérault). Ce samedi 22 août, le maire PS Michaël Delafosse a posté sur le réseau social X: “Je le dis clairement: il n’est pas le bienvenu à Montpellier; nous sommes du côté des femmes qui courageusement prennent la parole”.
Ce dimanche, son premier adjoint chargé de la sécurité Sébastien Cote, était invité sur le plateau de BFMTV pour commenter la déclaration du maire et confirmer la position de la municipalité: l’artiste ne doit pas se produire. Il explique que la mairie craint des débordements et des troubles à l’ordre public.
“Nous sommes sur plus de 30 plaintes pour des crimes et depuis MeToo, je pense que nous devons croire la parole des femmes et nous sommes en charge du bon ordre public et il est tout à fait clair que ce type de manifestations peut dégénérer, il est de ma responsabilité que ça ne se passe pas”, justifie Sébastien Cote.
La mairie “doit apporter une preuve de trouble”
Questionné sur ces éventuels troubles, le premier adjoint ajoute que la volonté de la mairie de ne pas recevoir l’artiste en concert est aussi motivée par une question morale.
“Patrick Bruel est aujourd’hui mis en examen quatre fois pour des faits graves, je parle de crimes, et doit se produire en spectacle devant des milliers de personnes”, précise le premier adjoint, rappelant que l’artiste a déjà annulé des représentations de théâtre.
“Le maire est garante de l’ordre public, si le concert devait se tenir nous en parlerions avec la préfète, mais un Zénith est un établissement très important avec des dizaines de salariés, très compliqué à sécuriser et encore une fois que se passera-t-il dans la salle [en cas de concert]?”, questionne Sébastien Cote.
Présent également ce dimanche sur le plateau de BFMTV, David Libeskind, avocat pénaliste, apporte des éléments juridiques aux propos de la mairie de Montpellier.
“Patrick Bruel, malgré sa mise en examen pour des crimes (viol, tentatives de viol et agressions sexuelles) reste innocent pour l’instant. Il a été mis sous contrôle judiciaire strict mais reste libre de se produire en spectacle. On ne peut pas interdire à un artiste de continuer à travailler [si la justice l’autorise]”, a commenté l’avocat.
Tournée de Patrick Bruel maintenue: un maire ou un préfet peut-il faire interdire un concert?
“Le maire peut interdire ce concert en prenant un arrêté s’il estime qu’il peut causer un trouble à l’ordre public, mais il faut apporter une preuve que le trouble à l’ordre public est justifié. Une polémique à l’échelle nationale n’est pas la preuve d’un trouble”.
Dossier : Patrick Bruel accusé de viols et agressions sexuelles